C’est toujours le même casse-tête à la rentrée de septembre, n’est-ce pas ? Entre l’école, la musique, le foot du petit dernier et vos propres envies de sport, caler les horaires d’escrime relève parfois de la haute stratégie. Ici, au club d’Argelès-sur-Mer, on connait la chanson. On a essayé de construire un planning qui tienne la route, qui permette aux parents de respirer un peu le mercredi après-midi et aux adultes de venir se défouler après le boulot sans avoir à courir comme des dératés.
Le but du jeu, ce n’est pas juste de vous donner une heure de début et une heure de fin. C’est de vous expliquer comment on vit ces créneaux. Parce qu’une séance avec les M9 qui découvrent tout juste comment tenir un fleuret en plastique, ça n’a strictement rien à voir avec l’intensité d’un assaut entre deux vétérans le mardi soir quand on prépare les championnats régionaux.
Voici comment s’organise la semaine à la salle d’armes. Prenez vos agendas.
Les tout-petits et l’école d’escrime (Catégories M7 à M11)
Le mercredi, c’est sacré. C’est le jour où la salle bourdonne le plus. Si vous passez à côté du gymnase ce jour-là, vous entendrez sûrement des cris, des rires et le bruit caractéristique des fers qui s’entrechoquent (ou du plastique rigide pour les plus jeunes).
Pour les catégories M7 (moins de 7 ans) et M9 (moins de 9 ans), on ne parle pas encore de compétition acharnée. L’idée, c’est la motricité. On apprend à se déplacer, à coordonner ses bras et ses jambes – ce qui, croyez-en mon expérience, n’est pas inné chez un enfant de 6 ans qui a parfois du mal à distinguer sa droite de sa gauche dans le feu de l’action. On joue beaucoup. Le « Jacques a dit » version escrime, ça marche à tous les coups pour apprendre la position de garde sans qu’ils s’en rendent compte.
Les créneaux sont généralement placés en début d’après-midi le mercredi. C’est le moment idéal pour canaliser leur énergie débordante. On leur apprend le respect de l’adversaire – on salue avant, on salue après, et on ne tape pas n’importe comment.
Le passage aux choses sérieuses : M11 (Benjamins)
Là, on commence à rigoler un peu moins et à travailler un peu plus. Les M11, c’est l’âge où la technique commence vraiment à rentrer. Le mercredi reste le pivot central, mais on introduit souvent plus de rigueur sur la tenue de l’arme et les déplacements. C’est souvent à cet âge qu’on voit les premiers déclics, les gamins qui comprennent que l’escrime, c’est autant un jeu d’échecs qu’un sport de combat.
Si votre enfant est dans cette tranche d’âge, prévoyez d’arriver 10 minutes avant le début du cours. Le temps d’enfiler la veste, le pantalon (et de retrouver cette fichue chaussette qui manque toujours), le cours doit démarrer pile à l’heure pour ne pas perdre de temps sur l’échauffement.
N’hésitez pas à jeter un œil à notre page sur les résultats des compétitions jeunes pour voir ce que ces créneaux d’entraînement produisent comme petits champions locaux.
L’adolescence et la compétition (M13, M15, M17, M20)
Quand on arrive aux catégories M13 et M15, le rythme change. Les corps changent aussi, la puissance arrive, et la tactique prend une place prépondérante. Ici, on propose souvent deux séances par semaine. Une seule ne suffit plus si on veut faire des résultats corrects en circuit régional ou national.
Généralement, on couple le mercredi fin d’après-midi avec un soir en semaine (souvent le vendredi ou le mardi). C’est là qu’on commence vraiment à suer. Les séances sont structurées différemment :
- Une grosse partie physique au début. Pas question de monter sur la piste si les jambes sont molles. On fait du fractionné, du renforcement musculaire spécifique (les cuisses chauffent, je vous le garantis).
- Du travail de fondamentaux. On répète les gammes. Marche, fente, retraite, parade, riposte. Encore et encore. C’est rébarbatif ? Peut-être. Mais c’est comme ça qu’on gagne.
- Et bien sûr, les assauts à l’électrique. C’est le moment qu’ils attendent tous. On branche le fil de corps, on vérifie que la tirette fonctionne, et c’est parti.
Pour les M17 et M20 (les cadets et juniors), on les mélange souvent avec les adultes confirmés sur les créneaux du soir. C’est excellent pour leur progression. Tirer contre un « vieux briscard » qui n’a plus forcément les jambes de ses 20 ans mais qui a une main en or, ça apprend l’humilité et la ruse.
D’ailleurs, si vous cherchez où nous serons le week-end prochain pour encourager ces jeunes, consultez notre calendrier des compétitions.
Adultes : Seniors, Vétérans et Loisirs
Ah, le groupe adulte. C’est mon préféré, il faut bien l’avouer. On y trouve de tout. Il y a celui qui a fait de l’escrime toute sa vie et qui ne lâcherait sa place pour rien au monde, et il y a celui ou celle qui débute à 40 ans parce qu’il/elle cherchait un sport « différent ».
Nos créneaux adultes sont en soirée, généralement de 19h30 à 21h30, deux fois par semaine (souvent mardi et jeudi, ou mardi et vendredi selon la dispo de la salle). L’ambiance y est particulière. On est sérieux sur la piste, mais on ne se prend pas la tête. On est là pour évacuer le stress de la journée de travail.
Le groupe « Loisir » et débutants adultes
Vous n’avez jamais touché un sabre ou une épée ? Aucune importance. Chaque année, on accueille une bonne poignée de débutants complets. Les premiers cours sont dédiés à la sécurité et aux bases. On ne vous lâche pas dans la fosse aux lions tout de suite. Vous apprendrez à marcher (eh oui, en escrime, on ne marche pas comme dans la rue) et à gérer la distance.
Les compétiteurs (Vétérans et Seniors)
Pour ceux qui ont la licence compétition, les mardis soirs sont souvent plus intenses. On prépare les circuits nationaux. On travaille des situations de match spécifiques : « il reste 10 secondes, tu mènes d’une touche, tu fais quoi ? ». On analyse, on décortique. C’est aussi un moment d’échange technique très riche.
Il n’est pas rare de voir nos membres du bureau du club enfiler la tenue ces soirs-là. C’est aussi ça l’esprit club : tout le monde tire avec tout le monde.
Détails sur le contenu des séances
On me demande souvent : « Mais concrètement, on fait quoi pendant 1h30 ou 2h ? ». C’est une bonne question, car l’escrime n’est pas un sport linéaire.
La leçon collective : le pilier technique
C’est le moment un peu militaire, mais nécessaire. Tout le monde en ligne, face au Maître d’armes. On exécute les mouvements ensemble. « En garde ! ». Le regard doit être fixe, le buste droit. Le Maître corrige une position de coude trop basse ici, un écartement de pieds trop large là. C’est là que l’automatisation se crée. Si vous devez réfléchir à comment faire votre fente pendant un match, c’est déjà trop tard. Ça doit sortir tout seul.
C’est parfois dur physiquement, surtout au niveau des cuisses et des fessiers (la position de garde, ça brule !), mais c’est incroyablement gratifiant quand on sent que le mouvement devient fluide.
Les Assauts Libres et Thématiques
La deuxième partie de l’entraînement, c’est la mise en application. Mais attention, ce n’est pas toujours « faites ce que vous voulez ». Souvent, on impose des thèmes :
- Toucher uniquement au pied ou à la main (pour les épéistes).
- Interdiction de reculer au-delà d’une certaine ligne.
- Match en 15 touches sans arrêts de chronomètre pour travailler le cardio.
L’assaut libre, c’est aussi le moment social. On tire avec Jean, puis avec Marie, puis avec le petit jeune qui monte. On s’arbitre entre nous quand il n’y a pas d’arbitre officiel (d’ailleurs, on forme aussi à l’arbitrage au sein du club, car sans arbitre, pas de compétition). On discute de la touche qu’on vient de se prendre. « Jolie parade, je ne l’ai pas vue venir ». C’est cet échange qui fait progresser.
Infos pratiques pour bien gérer votre planning
Quelques petits rappels de bon sens pour que tout se passe bien :
Le matériel prend du temps à être mis. Si le cours est à 18h00, n’arrivez pas à 18h00. Arrivez à 17h45. Le temps de passer au vestiaire, de sortir le matériel du sac, de vérifier que son fil de corps n’est pas cassé (ça arrive tout le temps ces trucs-là…), les 15 minutes sont vite passées.
Pour l’équipement, pas de panique pour les débutants. Le club prête le matériel les premiers temps. Vous n’avez pas besoin d’investir dans une tenue complète à 300€ dès la première semaine. Venez en jogging, t-shirt et baskets de salle propres. On s’occupe du reste. D’ailleurs, nos partenaires locaux nous aident souvent à maintenir ce parc de matériel en état, donc prenez-en soin !
Enfin, les horaires peuvent légèrement varier pendant les vacances scolaires. Généralement, on fait relâche, ou alors on organise des stages spécifiques. On communique toujours ça par email ou sur le panneau d’affichage à l’entrée de la salle.
Voilà, vous savez tout ou presque. L’important, c’est de franchir la porte. Que vous vouliez devenir le futur champion olympique ou simplement trouver une activité sympa à Argelès pour déconnecter, il y a forcément un créneau pour vous. On a hâte de vous croiser sur les pistes !
